La crise aurait dû conduire à une intensification des échanges entre le Parlement et l’exécutif. Il n’en a rien été.

Cette semaine, a été rendu public le rapport de François Cornut-Gentille sur l’exécution des crédits 2019 par le ministère des armées.

Comme il était prévisible, la crise sanitaire aura perturbé fortement la séquence du Printemps de l’évaluation 2020. Si cet aspect peut paraître anecdotique, il n’en démontre pas moins la fragilité des pouvoirs du Parlement lorsque surviennent des événements graves et soudains.

Depuis trois mois, les rapporteurs spéciaux n’ont pu mener ni contrôle ni évaluation de façon un tant soit peu efficace. L’impossibilité de conduire des auditions dans des conditions normales est une chose. La désorganisation des services ministériels et l’indifférence du Gouvernement vis-à-vis des attentes des parlementaires en sont une autre

La crise aurait dû conduire à une intensification des échanges entre le Parlement et l’exécutif. Il n’en a rien été. Tout s’est organisé autour de la communication gouvernementale. Alors que, juridiquement, le pouvoir de contrôle des parlementaires s’est trouvé renforcé au fil des ans, il est paradoxal de constater qu’il s’est amenuisé dans la pratique.

Par la force des choses, le rapport sur l’exécution 2019 consiste en un simple commentaire de la documentation budgétaire sur la mission dans son ensemble et sur les programmes 144 Environnement et prospective de la politique de défense et 146 Équipement des forces.